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Débats sur Facebook

2 Avr 2015

Reconnaissance de la profession

- Damien David: pour être reconnu il faut se reconnaître en premier lieu, cela prend donc la forme pour nous par la constitution d'un ordre qui parlera d'une voix et sera donc un interlocuteur légitime.

- Bluenn Brégaint: Faut-il attendre qu'une reconnaissance tombe du ciel de je ne sais où et pour on ne sait quelle raison? Ou ne vaut-il pas mieux commencer à bouger la profession, asseoir notre légitimé et notre expertise en étant présents dans toutes les instances sur un plan national? Pour ce faire, cela commence, pour moi, par une organisation professionnelle qui ait un poids juridique, ce que propose un Ordre. Ensuite seulement on pourra envisager des actions visant à améliorer la reconnaissance de notre profession et l'amélioration des conditions de travail...

- Patrick Martin Cette mise en place de la loi comme vous le présentez est une forme de protection du professionnel. Parce qu'a partir de cette loi au dessus de la loi, celui qui juge le professionnel c'est celui qui connaît le professionnel et appartient à ce corps de professionnel

Formation

- Nitneuq Métivier: pourquoi ne pas moins axer la formation sur la théorie et plus centrer sur la pratique de la psychothérapie ?

- Philippe Grosbois: 1 - en France, la formation à la psychothérapie n'est pas organisée à l'université sans doute du fait que la grande majorité des approches nécessite un processus de formation personnelle et de supervision dont les universités n'ont pas les moyens... déjà que les stages sont difficiles à trouver, alors trouver des praticiens sur le terrain dûment formés à la pratique de la psychothérapie pour assurer une telle supervision... 2 - la tradition universitaire française est de transmettre un savoir ainsi que l'acquisition d'une capacité à un recul critique (épistémologique) vis à vis de ce savoir. En particulier vis à vis des études de psychologie, la formation théorique et méthodologique des psychologues cliniciens y est assurée et la formation pratique est assurée par des stages au sein desquels l'étudiant se familiarise à la démarche clinique (tests, entretiens, soutien, accompagnement, évaluation, etc.). La pratique de la psychothérapie nécessiterait un autre dispositif s'appuyant sur la transmission de connaissances théoriques et méthodologiques spécifiques relatives à la fois au cadre et au processus psychothérapique, ce qui n'est pas enseigné à l'université mais dans des "écoles" de psychothérapie et autres organismes de formation continue, après le master en général (psychothérapie analytique, thérapies cognitives et comportementales, thérapie familiale, hypnose Ericksonnienne, EMDR, etc.) Il ne s'agit pas de confondre la dimension éventuellement (psycho)thérapeutique de la pratique de la psychologie clinique (entretiens) avec les méthodes psychothérapiques spécifiques.

- Albert Moukheiber Bien sur qu'il faut changer la formation et déjà commencer par expliquer l'importance de la recherche au travail clinique. On ne peut pas critiquer nos méthodes et pratiques si on ne comprends pas comment une nouvelle méthode ou pratique est découverte. Comment est ce qu'on va pouvoir donner un avis sur une nouvelle découverte si on ne sais pas comment une recherche marche. On est en manque cruel d'innovation et ce clivage clinique/recherche ne fait qu'accentuer ce manque. Comment est ce qu'on va pouvoir évoluer ? On ne peut pas se baser uniquement sur des observations cliniques et des livres destinés au grand public.

Doctorat

- Joseph Renaud Parnassus: si pour avoir un ordre des psychologue en France il faut viser le doctorat on est dans une logique qui est par trop médicale. On va mettre sur le carreau des tonnes d'étudiants qui n'ont pas la possibilité de se former jusqu'au doctorat. C'est une illusion de croire que cela pourrait régler le problème. Il faut avant tout améliorer les conditions d'enseignements de cette profession, qui est encore considérée en France comme une voie de garage. Les psychologue français sont déqualifiés et c'est un des problèmes. L'enseignement est réalisé avec l'idée d'une "sélection" par l'échec et seuls les plus tenaces parviennent à réussir leur cursus. Déjà réglons ce point.

- Philippe Grosbois Vu l'histoire de la profession de psychologue en France, il est très peu probable que le gouvernement, qu'il soit de gauche ou de droite, accepte un jour de créer un doctorat d'exercice (comme pour les médecins, seul autre doctorat d'exercice en France, qui équivaut en fait à un master pro... il suffit d'avoir participé à des jurys de soutenance de thèse de médecine pour s'en rendre compte... une thèse d'exercice peut être correcte voire très bonne mais aussi être une merde). Pourquoi? Parce que cela obligerait le gouvernement à revoir radicalement la rémunération des psychologues sur la base d'un bac + 7 à 8 ans (licence 3 ans - master 2 ans - doctorat 2 à 3 ans); or, les deux chambres (Assemblée Nationale + Sénat) comprennent un % non négligeable de médecins qui, on le sait, historiquement, ont une position conservatrice et corporatiste et seront opposés à une telle réforme, car elle représente un coût auquel le gouvernement sera défavorable. Par ailleurs, sont en jeu les représentations fantasmatiques de certains collègues par rapport à un doctorat: il faut distinguer doctorat de recherche (comme en mathématiques, physique, géographie, psychologie, chimie, etc.) et doctorat d'exercice (qui existe seulement en médecine en France et équivaut à un master à bac + 7). Pourquoi idéaliser un diplôme sous forme d'un "doctorat"? Ne vaudrait-il pas mieux envisager de valoriser le master, ou plus particulièrement SON master sur le terrain, en valorisant l'intérêt de SA pratique interindividuelle et auprès des équipes institutionnelles, plutôt que de rêver de façon illusoire à la création d'un hypothétique doctorat qui résoudrait magiquement la question de la reconnaissance des psychologues par les autres professionnels?

- Bluenn Brégaint Le doctorat je vois pas trop pourquoi faire en l’état car il est porté sur la recherche et donc bien éloigné de la clinique. Une sixième année en supervision rémunérée complètement pour.

Numerus clausus

- Stéphane Blake Shatner: Pourquoi un numerus clausus ? Parce qu'en 2002, "Schneider arrive ainsi à l'estimation de 3700 psychologues mis par an sur le marché du travail, pour 27 000 psychologues en exercice (Cf. ci-dessous). Il en conclut que les universités françaises forment des professionnels pour un renouvellement théorique tous les 7 ans. Une autre manière d'exprimer les mêmes réalités consiste à considérer que ces 3700 psychologues devraient normalement travailler 40 ans, ce qui veut dire que l'on forme des psychologues pour 148 000 postes, là où il y a environ 26 000 emplois dont beaucoup sont partiels.

- Christophe Clesse Quelque part, un numerus clausus permettrait d'isoler les besoins et les demandes en terme de psychologue. Ça rendrait aussi quantifiable notre intérêt dans les institutions... mais cette fois ci par le manque.

- Amélie Thibault et ça pousserait les jeunes bacheliers à mieux réfléchir à leur orientation professionnelle